Journal d’un travailleur autonome – entre liberté et contraintes

Déjà dix mois de travail autonome à domicile derrière la cravate!

La liberté imaginée au début n’est que légèrement plus grande que celle d’un salarié. Votre grand rêve de vous absenter pendant trois jours sans donner de nouvelles pour aller au cinoche doit être revu. À l’eau l’ambition de passer ses journées à magasiner ou lire sur la terrasse pour ne travailler que de nuit ou les journées grises uniquement. Non. Ce type de « grande » liberté est à revoir. Du moins, si vous voulez conserver un minimum de crédibilité envers vos clients.

Car même si la liberté du travail autonome en télétravail se distingue principalement du fait qu’il n’y a plus de « permissions » officielles à demander (pour s’absenter ou modifier son horaire, ses priorités…) d’autres contraintes restent cependant les mêmes. Organisation du temps, disponibilités et échéances sont entre autres des contraintes bien présentes et même s’il n’y a plus de stricte notion de patron hiérarchique, il demeure toujours que son labeur est tributaire d’une personne tierce: le client.

Il faut donc, même à distance, savoir être dédié et rapide pour répondre aux questions et aux demandes – peut-être encore davantage qu’un salarié. Le travail indépendant est une perpétuelle chasse au prochain contrat et prouver son efficacité est un lot quotidien.

Dédié et rapide

C’est là que vous vous distinguez justement de l’agence web typique – dans votre capacité d’être sinon plus disponible, à tout le moins moins plus rapide qu’elle. Outre la différence de prix par rapport à une agence, ce que le client apprécie également d’un travailleur indépendant est sa capacité de livraison souvent plus courte.

Quand tout va bien, l’agence a souvent quant à elle un carnet de commandes en cours, un nouveau projet ne pouvant donc s’ajouter qu’à la suite de la liste.

Comme travailleur autonome à clientèle variée, vous ne saurez probablement pas de quoi demain sera fait, encore moins la teneur de vos projets dans trois mois! Ce risque, c’est aussi un avantage: la flexibilité. En tant que solo, vous connaissez vos capacités de livraisons personnelles car vous savez que vous êtes solo, justement. En d’autres mots, lorsqu’on vous contacte, vous ne pouvez souvent répondre que deux options: un oui (et un oui rapide) ou un non si vous êtes déjà occupé.

Ce choix est d’ailleurs précieux: le travailleur autonome gagne aussi -par rapport au salarié- du fait que la décision finale d’accepter ou refuser un mandat lui revient entièrement. Ce qui était l’un des principaux critères que je recherchais personnellement. Qui de mieux placé que soi-même pour connaître avec exactitude ses compétences, sa rapidité d’exécution, les défis et les intérêts que proposent chaque projet!

Cependant, une fois accepté, l’exécution d’un mandat en travail indépendant demeure toujours assujetti à des contraintes similaires à celles d’un employé – contraintes de temps, de qualité, de flexibilité aux changements et aux demandes de modifications.

D’un solo, on s’attend d’abord à un service plus économique, mais surtout dédié et immédiat.

Quick in, quick out

J’ai bien tenté parfois, lors de bonnes périodes de sollicitations, de proposer un mini-carnet de production en disant ouvertement que mes disponibilités ne seront pas avant X semaines, mais c’est alors souvent le client qui dira non quand ce délai est trop long.

J’ai donc personnellement adopté une méthode d’acceptation de projet à la « quick in, quick out ». En somme, et sans négliger la qualité, s’assurer que les projets se livrent aussi vite qu’ils entrent. Comment réussir?

1- D’abord, en ne perdant pas de temps! C’est souvent rassurant de savoir que nos 10 prochains jours ouvrables sont « garantis » sur un projet, mais il ne faut pas s’asseoir sur ses lauriers pour autant! Garder toujours en tête que l’opportunité qui garantira les 10 jours ouvrables suivants n’arrivera pas nécessairement à la fin du présent mandat, mais peut-être en plein milieu!

Ainsi, éliminer les temps morts ou oisifs de son horaire ne donnera que de meilleures chances de pouvoir accepter le prochain projet plus rapidement.

2- Ensuite, même s’ils sont monétairement intéressants, ne pas trop accepter de gros projets qui vous monopoliseront pendant de longs mois. Ceux-ci risquent non seulement de vous « retirer » du circuit pendant une période critique, mais aussi de vous aliéner vos clients existants, faute de disponibilité.

En somme, toujours être réceptif -et rapidement- à de nouvelles opportunités, tant pour être mieux diversifié que pour vous faire connaître également, sans négliger vos clients établis.

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