Journal d’un travailleur autonome – les premiers critères

Dans la première partie de cette série de billets, je mentionnais que selon moi, le coup d’envol pour devenir travailleur indépendant à temps plein provient du fait que « le désir de marcher doit être plus grand que la peur de tomber et que le confort d’être transporté ». En avoir suffisamment ras-le-bol d’être subordonné tout en ayant la confiance d’être motivé par ses propres moyens – l’autonomie.

Mais comment savoir si ce désir n’est qu’un rêve ou une possibilité concrète?

LES CLIENTS: La source de toutes choses

Il n’y a pas d’argent sans projets, ni de projets sans clients! Pour ma part, je n’aurais pas fait le saut sans savoir que j’avais des clients potentiels sérieux… Même si, en date de rédaction de ce billet, les horizons dans le domaine du développement Web sont florissants, il est évident qu’une décision de carrière aussi importante ne se fait pas sans avoir établi une base de clientèle. Un sondage réalisé en 2010 sur les travailleurs autonomes révélait ceci:

50% des répondants affirment que leur client principal compte pour plus de 40% de son chiffre d’affaires. Pour 11% des répondants, le client principal représente plus de 95% du revenus.

En terme de nombre de clients, 32 % des répondants disent n’avoir que 4 clients au moins. Seulement 33% affirment avoir eu plus de 10 clients durant l’année 2010.

Pour ma part, s’il est vrai que mon client principal représente 42% de mon chiffre d’affaires depuis janvier, j’ai cependant eu une vingtaine de clients différents (dont 3 principaux), seulement entre janvier et mai 2012. Quand je me suis lancé à temps plein, je n’avais que 5 clients connus, c’est donc dire qu’en cinq mois, j’ai ajouté une quinzaine de nouveaux clients à mes contacts.

Cette diversification est très importante. Ne fermez jamais une porte si celle-ci vous aurait plu en faisant abstraction de votre bassin actuel de clients! Faites-vous connaître, soyez visibles (sites d’annonces classées tels Kijiji, page Facebook, votre réseau régulier d’amis et de contacts, etc). Évidemment aussi, dans le domaine du développement web, c’est un devoir d’avoir un site web en ligne stipulant vos services, compétences et portfolio – utilisez-le pour afficher des promotions, tenez-le à jour!

LES REVENUS: Est-ce suffisant pour en vivre?

Après avoir déterminé que sa base de clients est suffisante, il faut ensuite s’assurer que le total des projets facturés sera viable. Pour fins d’exemple, prenons un chiffre d’affaires rond: 40 000$ par année.

Il est vrai qu’un travailleur autonome doit assumer davantage de frais, ne serait-ce que pour ses vacances, assurances et avantages sociaux. Par exemple, un travailleur autonome paie les RRQ en double (la partie employeur ET employé). Cependant, les dépenses admissibles compensent ces frais additionnels. À noter qu’en étant travailleur autonome avec un tel salaire de 40 000$, les dépenses admissibles varient entre 25 à 30%. Ainsi, les factures de dépenses sont l’amie du travailleur indépendant! Conservez précieusement toute facture susceptible de constituer une dépense, si elle est faite dans le cadre de vos activités professionnelles.

Ainsi donc, pour qu’un travailleur autonome gagne 40 000$ par an, divisons simplement ce montant sur 50 semaines, soit 800$ brut, hebdomadairement (gardons 2 semaines pour les vacances, journées de maladies et autres empêchements). 2 semaines seulement pour les vacances et les maladies!?? C’est en effet très peu, cependant avant de vous lancer dans l’aventure, sachez que 83% des travailleurs autonomes travaillent plus de 40h/semaine (et le quart, plus de 60h). Le travail autonome n’est donc pas réellement synonyme de longues vacances au soleil. De plus, considérez que le travail autonome n’est pas nécessairement synonyme non plus d’horaires de 8 à 5, 5 jours par semaine. C’est d’ailleurs là votre plus grand avantage: offrir la flexibilité de vos services de jour comme de soir (ou pourquoi pas de nuit!) mais aussi de fin de semaine.

Dites-vous également ceci: est-ce que perdre la moitié de ses vacances et journées mobiles de salarié est un prix si cher à payer… pour travailler de la maison à temps plein? Vu sous cet angle, la diminution probable de vos vacances ne vous affectera plus autant, si elles sont remplacées l’année durant par la quiétude de votre foyer!

Vous pouvez par contre toujours déduire qu’il vous faut gagner 160$ brut (et taxes en sus!) par jour, 5 jours par semaine comme travailleur autonome pour obtenir le 40 000$ visé en bout d’année.

LE WEEK-END: Une zone à redéfinir

Pourquoi encore 5 jours par semaine? En continuant de « retrancher » 2 jours hebdomadairement du calcul, vous pourrez soit continuer de les considérer comme votre fin de semaine bien méritée, ou soit de journées (ou mêmes, demies-journées) « flottantes » additionnelles réparties -pourquoi pas- autrement que le samedi-dimanche, prévues pour maladies, congés impromptus ou rendez-vous personnels (dentiste, comptable, enfants malades…). Tout est une question de perception. Pour ma part, cela m’a aidé du moins.

Cette seconde vision vous « coupe » peut-être le week-end assuré, bien pénard, du salarié… mais vous rend cependant moins stressé de travailler le samedi, ne serait-ce qu’un 3 ou 4 heures, si vous êtes mentalement préparé d’avance – une pilule plus facile à avaler lorsque vous savez que votre rhume a saboté votre productivité du vendredi, ou simplement qu’aucun contrat n’est rentré cette journée-là. Pour le travailleur autonome, le week-end est donc souvent un temps de travail possible à ne pas négliger – se sortir du paradigme de l’employé, quoi.

Je parlerai encore plus en détails des horaires du travailleur autonome et du détail des heures investies dans un prochain billet.

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